Comment le prix de l’essence est-il déterminé ?

De l’extraction du pétrole jusqu’à la pompe, de nombreux éléments impactent le prix du carburant, dont notamment la fiscalité. En effet, les taxes sur les carburants comme la TVA et la TICPE ont un impact important sur leur coût. Voici comment se compose le prix de l’essence.

Prix de l’essence : comment il est composé

Il ya quelques années, le choc de faire le plein à la station-service était très profond pour beaucoup de conducteurs à cette époque. Jamais auparavant ils n’avaient eu à payer autant d’argent pour l’essence que ce mois-ci. Le prix moyen quotidien de l’essence était de 1,62 euros par litre. Pour la même quantité de diesel, une moyenne de 1,47 euro a été facturée. Si vous pensez maintenant que les exploitants de stations-service ont gagné beaucoup d’argent ce mois-ci, vous vous trompez. Seule une petite partie des frais de carburant finit dans les poches des locataires. La part du lion va sur un autre compte.

Comment le prix est déterminé ?

Le prix actuel du pétrole sur le marché mondial détermine en partie le prix de l’essence à la station-service. Dans une bourse, les négociants achètent de grandes quantités de pétrole brut pour leurs raffineries. Ils négocient un prix pour l’avenir, car le pétrole brut est souvent acheté des mois à l’avance. De cette manière, les commerçants se protègent contre les fortes fluctuations de prix. Si le prix augmente dans un avenir proche, cela n’a aucun effet sur le prix d’achat. Cela explique également le prix à la station-service. Si le pétrole brut devient nettement moins cher, cela n’apparaît qu’à la pompe avec un long retard.

Le prix dit d’entretien du produit contribue à hauteur de 30 % environ au prix de l’essence. Cela comprend les bénéfices des fournisseurs de pétrole brut et une petite marge pour les négociants. Ils se font payer une petite marge, qui est généralement inférieure à un pour cent du prix d’achat.

Coûts pour le concessionnaire

Désormais, le négociant ne peut plus se contenter de vendre le pétrole brut acheté en bourse à la station-service. Il doit d’abord être transformé en essence ou en diesel dans une raffinerie. Il y a des coûts de transport et de production, que le concessionnaire vous répercute en tant que client.

Les coûts dits de couverture sont imputables aux compagnies pétrolières. Outre le transport et le raffinage, ces activités comprennent le stockage, l’administration et la distribution du carburant. Malgré l’énorme effort nécessaire pour transformer le pétrole brut en diesel ou en essence à la pompe, les coûts de couverture sont faibles. Leur part du prix du carburant n’est que de 8 à 10 %. Le profit des compagnies pétrolières et des raffineries sur la vente d’essence ou de diesel fini est d’environ deux à quatre cents par litre.

En plus des coûts de couverture variables, les entreprises paient une redevance forfaitaire de 3,56 euros par tonne de pétrole brut. Cette taxe a été introduite par le gouvernement allemand lors de la crise pétrolière mondiale dans les années 1970.

La part du lion : les impôts

Vous l’avez probablement déjà soupçonné, maintenant vous avez une certitude, que près des deux tiers du coût d’un litre de carburant sont constitués de divers impôts et taxes. L’État profite énormément du prix de l’essence. Plus vous payez à la station-service, plus l’argent afflue dans le Trésor public.

La taxe sur les huiles minérales n’existe plus, mais est désormais simplement appelée taxe sur l’énergie. Son montant dépend du type de carburant et rend l’essence et le diesel particulièrement chers. Plus un carburant est respectueux de l’environnement, plus la taxe est faible. Le gaz liquide et le gaz naturel, par exemple, sont taxés à un taux relativement faible, de l’ordre de 18 centimes par kilogramme. La situation est cependant différente pour le diesel, pour lequel 47,04 cents par litre sont dus. Avec l’essence, la taxe sur l’énergie est même de 65,45 cents par litre. Ces montants sont fixes et indépendants des prix à la pompe

La taxe sur l’énergie sera désormais complétée par une taxe forfaitaire sur la valeur ajoutée de 19 %. Elle est prélevée sur le prix du litre, donc aussi sur la taxe sur l’énergie. Plus le prix de l’essence est élevé, plus la taxe sur la valeur ajoutée alimente le trésor public.

Ce que reçoit l’exploitant de la station-service

Le prix de l’essence est donc composé de trois grands domaines :

– Impôts et taxes : environ 60 pour cent

– Profit des négociants et acheteurs de pétrole brut en bourse : environ 30

– Coûts de production et de distribution : environ 10 %.

Pour l’exploitant de la station-service, le bénéfice net n’est que marginal. Après déduction des frais de fonctionnement, il s’élève à environ un à deux centimes par litre au maximum. Donc, si vous êtes frustré par les prix élevés la prochaine fois que vous faites le plein, ne le laissez pas au préposé de la station-service.