dimanche 17 avril 2016

Tout sur le Bridgestone DriveGuard


Rouler à plat suite à une crevaison ? Oui c'était déjà possible. Il y a eu le Pax de Michelin (1998), un fiasco notoire. Et, plus courante, la technologie RunOnFlat (2005), développée par Goodyear, que seul le groupe BMW a vraiment utilisée. Mais dans les deux cas, ces pneus avaient plus d'inconvénients que d'avantages, à commencer par la non-compatibilité avec tous les véhicules. Bridgestone met tout le monde d'accord, et commercialise depuis quelques jours son DriveGuard, le pneu pour roulage à plat compatible toutes jantes et tous véhicules. Vraiment tous ? Réponse dans cet article.






Le Driveguard, il a quoi de différent avec le RunOnFlat ?



Commençons par ce qu'ils ont en commun : un renforcement du flanc du pneu qui permet, en cas de crevaison de rouler à plat pendant 80 kilomètres jusqu'à 80 km/h grâce à la seule rigidité du flanc. Mais la technologie utilisée est différente : un véritable renfort métallique pour la technologie RunOnFlat, une membrane en polyester qui se rigidifie sous l'action de la chaleur générée par le roulage à plat pour le DriveGuard. Du coup, là où le RunOnFlat pèse 15 à 20% de plus qu'un pneu classique, le Driveguard limite ce chiffre à 8%.

Mais la différence fondamentale entre les deux technologies, c'est la compatibilité. Le pneu RunOnFlat demande des jantes appropriées et des trains roulants adaptés à cette technologie, deux conditions indispensables pour ne pas déjanter. Le pneu DriveGuard est, lui, compatible toutes marques et toutes jantes. Seule condition : le véhicule concerné doit être muni de valves avec contrôle électronique de pression (TPMS).

Dernière différence : la technologie RunOnFlat est commercialisée par tous les grands manufacturiers de pneus. Tandis que seul Bridgestone propose aujourd'hui la technologie DriveGuard. L'avenir nous dira si le fabricant japonais partagera, sous licence, sa technologie avec ses concurrents.

Reste la question du prix. Et dans les deux cas, il faut compter un surcoût d'environ 15% par rapport à un pneu classique.

Le DriveGuard, c'est au point ?

On l'a vu, le DriveGuard est une petite merveille de technologie, avec sa membrane interne en polyester se rigidifiant avec la chaleur. Mais il ne faut pas non plus que le flanc monte trop en température, ce qui justifie la présence de petites ailettes de refroidissement qui maintiennent la chaleur du pneu à un niveau convenable.


Pour le reste, le DriveGuard, quand il est sous pression normale, se comporte comme n'importe quel pneu. Par exemple, il est noté A en comportement et freinage sur sol mouillé. En fait, Bridgestone a beaucoup soigné la chimie de son pneu, pour le rendre le plus polyvalent possible. Le confort de roulage serait donc, selon le japonais, identique à ses pneus de tourisme T001.

Le DriveGuard est-il compatible avec ma voiture ?

La première question à vous poser est : ma voiture est-elle équipée de capteurs de pression ? Si la réponse est non, votre véhicule est éliminé ! Le vôtre, ainsi que les véhicules les plus anciens qui en sont démunis. Ce système, appelé souvent TPMS (Tire Pressure Monitoring System), est apparu au début des années 2000. Il s'est petit à petit généralisé, et est devenu obligatoire pour tout véhicule vendu dans l'Union Européenne depuis le 1er janvier 2014.

Attention, nous parlons bien de capteurs de pression sous forme de valves électroniques installées dans la jante. Le contrôle de pression indirect par calcul théorique de l'assiette du véhicule n'est pas éligible.

Pourquoi cette obligation ? Comme pour le RunOnFlat, l'autonomie du pneu en roulage à plat est limitée à 80 kilomètres. Une autonomie à ne pas dépasser, pour des raisons de sécurité, et pour éviter le déjantage. Mais il est possible pour le conducteur, vue l'efficacité du pneu, et en fonction des conditions, de ne pas se rendre compte qu'il roule avec un pneu crevé. Seul un contrôle électronique de la pression peut le prévenir, et lui permettre de ne pas dépasser les seuils des 80 kilomètres et de 80 km/h.

Deuxième question à vous poser : la taille de mes pneus est-elle disponible ? Pour le lancement, Bridgestone ne propose que 9 tailles été. 11 de plus arriveront en 2017, pour un total de 20. Soyons clair : les tailles les moins courantes ne seront pas représentées. Et ce sera plus limité encore pour le pneu hiver Driveguard Winter, qui se limitera à 11 tailles.

Les 9 tailles disponibles en 2016 pour le lancement du DriveGuard "été"

Mon pneu DriveGuard est-il réparable ?

Cette question, on se la pose depuis 10 ans avec le RunOnFlat, et on se la posera aussi pour le DriveGuard. Et cette question a deux réponses. Techniquement, la réponse et OUI, comme pour tout pneu, si la réparation a lieu sur la bande de roulement. Dans la vraie vie : la réponse sera certainement NON. En effet, dans la majorité des cas, un professionnel vous obligera à changer votre pneu, voire les deux s'il y a une différence d'usure trop importante entre le pneu neuf et l'autre pneu de l'essieu.

Arnaque, pensez-vous ! Pas vraiment. Il faut comprendre qu'un professionnel qui réparerait ce type de pneu est le dernier intervenant. Il doit donc se fier à la bonne foi du conducteur sur le fait d'avoir roulé moins de 80 kilomètres avec son pneu à plat. Et une réparation ne remet pas les compteurs à zéro pour ce seuil. C'est à dire que, si vous crevez une deuxième fois, la résistance des flancs a déjà été hypothéquée. En cas d'accident du à un déjantage, l'expert d'une assurance peut donc se retourner contre le dernier intervenant. Un risque que peu de professionnels sont prêts à prendre, car cela peut leur coûter très cher.


Alors, ce DriveGuard, que du bon ?

Dans l'ensemble, oui. Cela dépend de vos critères. Si vous cherchez un pneu au comportement soigné, vous assurant la sécurité en cas de crevaison, et vous permettant de poursuivre votre route sans être immobilisé sur le bord de la route, le DriveGuard est pour vous. D'autant que Bridgestone n'a pas ménagé ses efforts pour le contenu technologique de sa nouveauté.

Mais le pneu parfait n'existe pas. A mettre au passif du DriveGuard : des notes quelconques pour le bruit généré par le pneu (plus de 70 décibels), une résistance au roulement en retrait par rapport au pneu été T001 (donc légèrement plus de consommation), un prix sensiblement supérieur, et le refus quasi-systématique de réparer le pneu.

Le bilan est cependant largement positif, ne serait-ce que par la démocratisation par Bridgestone de ce pneu pour roulage à plat.




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