vendredi 15 avril 2016

Photo du Jour : Vitres surteintées, le décret est passé


Le sort en est jeté pour les vitres surteintées aux places avant des véhicules : le décret réglementant le taux de transmission de lumière visible (TLV) vient d'être publié officiellement. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce décret ne fait pas dans la demi-mesure, au grand dam des professionnels de la pose de film. Qui a tort ? Qui a raison ? Faisons le point sur la situation...





Que dit le décret ?


A partir du 1er janvier 2017, tout conducteur dont le véhicule a les vitres avant ayant un TLV inférieur à 70% sera passible :
- d'une amende de 135€
- d'un retrait de 3 points sur son permis

Les automobilistes concernés ont donc jusqu'à la fin de l'année 2016 pour faire retirer ces fameux films opacifiants (une opération dont le coût est évalué à environ 100 €)

Ce que les forces de l'ordre ne veulent plus voir :
des vitres proches de l'opaque à l'avant

A titre d'information, un TLV de 70% correspond au teintage des vitres en sortie d'usine. Ce qui revient à dire que la pose de films est interdite aux vitres avant, sauf pour les voitures qui n'avaient pas les vitres teintées de série. Dans ce cas, une pose de film sera possible si son opacité est de 30% maximum.

Cet Opel Mokka a les vitres teintées d'origine

Cette Citroën DS4 a elle aussi les vitres teintées d'origine


Les arguments du Ministère de l'Intérieur


Pour les forces de l'ordre, le surteintage à outrance des vitres avant représente "un réel danger en matière de sécurité routière", et a de fâcheuses conséquences, à savoir :
- La difficulté, voire l'impossibilité de savoir si le conducteur téléphone au volant ou ne porte pas sa ceinture. Certaines personnes utilisent en effet les films opacifiants pour ne pas être pris en flagrant délit.
- Mal voir ou ne pas voir du tout le visage d'un conducteur est ennuyeux, surtout en cette période d'état d'urgence.
- La sécurité est mise à mal, surtout la nuit ou par faible luminosité, le conducteur pouvant ne pas discerner un piéton ou un obstacle.

Les arguments des professionnels


Les professionnels reconnaissent que des films dont le TLV est trop bas (parfois seulement 5%) peut nuire à la sécurité quand il sont posés aux places avant. Cependant, ils jugent que ce TLV peut descendre jusqu'à 50%, voire 35% sans que cela nuise à la visibilité de nuit et à l'identification du conducteur. De plus, ils ont quelques arguments à faire valoir pour l'utilisation de films aux places avant :
- ils filtrent les UV et évitent le coup de soleil sur le bras du conducteur
- ils abaissent la température dans l'habitacle, donc la climatisation est moins sollicitée, donc la consommation du véhicule baisse
- ils réduisent l'éblouissement, quand le soleil se lève ou se couche
- ils renforcent la sécurité :  un véhicule ayant des films posés verra ses vitres latérales plus difficiles à briser

Ci-dessous, une illustration de l'association ASFFV (Association Sécurité et Filtration des Films pour Vitrage) nous résume tout ça.



Et la suite ?


Le décret est passé hier soir. Mais les professionnels ont un délai de deux mois pour déposer un recours devant le conseil d'Etat, et pour faire invalider ce décret.

S'ils y parviennent, il faudra alors qu'un dialogue et une négociation se fasse. L'idéal serait de tolérer un TLV de 50%.

Si le décret est confirmé, il faudra alors se rendre à l'évidence pour les professionnels, qui estiment qu'ils perdront alors de 30 à 50% de leur chiffre d'affaires. Cela aurait alors des conséquences certainement désagréables pour des centaines d'emploi. Mais n'oublions pas que la pose de films sur les places arrière et la lunette arrière est toujours tolérée.

Bonus

Pour résumer cet article, regardons cette vidéo, extraite du JT de TF1.


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