jeudi 7 avril 2016

Photo du jour : Nissan Tsuru (ou ce qu'il en reste)


La Nissan Tsuru, c'est un modèle toujours vendu au Mexique, où elle est la mascotte des taxis. Ces derniers ne tarissent pas d'éloges sur elle, louant en particulier son prix (à partir de 7.000€) et sa fiabilité. Mais fiabilité ne rime pas obligatoirement avec sécurité. Ce constat, c'est le Latin-NCAP qui le fait depuis de nombreuses années, en multipliant les zéros pointés aux crash-tests donnés à cette vaillante berline. On pourrait en rire. Le problème, c'est qu'aujourd'hui le Latin-NCAP, excédé, donne des chiffres... du nombre de morts dans des accidents impliquant une Tsuru.






4.102 morts de 2007 à 2012, voilà le bilan terrible qui nous interpelle aujourd'hui. Soit une moyenne annuelle de 335 accidents et 684 morts ! Et c'est un chiffre minimum puisque cette étude n'a eu lieu qu'au Mexique, et que la Tsuru est aussi exportée vers d'autres pays (Bolivie, République Dominicaine, Pérou, etc...) ! Cette photo, et ces statistiques, le Latin-NCAP les avait déjà publiées en 2013. Mais devant la persistance de Nissan à commercialiser la Tsuru, et l'immobilisme de l'état mexicain, l'organisme revient à la charge aujourd'hui, de manière beaucoup plus médiatique.

Aujourd'hui, le Latin-NCAP tape du poing sur la table, et s'étonne que le Mexique, qui est un gros producteur d'automobiles, exporte vers les Etats-Unis des véhicules répondant à toutes les règles de sécurité. Et maintienne sur son marché ainsi que sur d'autres marchés d'Amérique Latine des véhicules obsolètes. Il demande le retrait pur et simple du marché de la Tsuru. Et tant pis pour le lobby des taxis.

C'est que la conception de la Tsuru remonte à loin ! Elle fut vendue en particulier aux USA de 1990 à 1994 sous le nom de Nissan Sentra, ou au Japon de 1990 à 1995 sous le nom de Sunny. Ce qui signifie que dans les marchés "riches", elle n'était plus digne d'être commercialisée dès le milieu des années 90. Alors comment expliquer sa présence au Mexique dans le catalogue 2016 de Nissan ! Sans aucune modification majeure depuis son arrivée en 1992. D'autant que, si le constructeur daigne équiper la Tsuru d'un pot catalytique (il y est obligé par la loi mexicaine), il fait l'impasse sur les équipements élémentaires de sécurité. Donc pas d'airbags (même pour le conducteur) et d'ABS, et ne parlons même pas de l'ESP.

Pour résumer, la Tsuru fait un peu tâche dans la gamme internationale de Nissan. Mais si la marque japonaise se fait épingler aujourd'hui, cela ne fait que mettre en valeur une pratique que personne ne veut voir. Oui, beaucoup de marques maintiennent des cercueils roulants sur certains marchés émergents, voire pauvres.









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