vendredi 22 avril 2016

Photo du jour : 15 ans après, Mitsubishi encore dans une sale affaire


En 2000, un scandale industriel éclatait au Japon : Mitsubishi dissimulait depuis des années de graves défauts et des vices cachés sur ses véhicules vendus partout sur le globe. Suite à ces révélations, la marque japonaise a perdu gros : sa fusion avec DaimlerChrysler a capoté. DaimlerChrysler, justement, lui a dérobé au passage sa marque d'utilitaires, Fuso. Puis elle a été obligé de vendre ses usines d'assemblage en Australie, en Europe et aux USA. Devenue marque de second plan avec des ventes en berne, incapable d'investir dans une vraie gamme, condamnée à partager ses modèles avec d'autres marques, à vendre des motorisations dépassées à de sombres constructeurs chinois, et à produire dans des pays à main d'oeuvre basse... On aurait pu penser que son mensonge lui servirait de leçon. Pourtant, un nouveau scandale éclate aujourd'hui...





C'est donc par un communiqué de presse que la firme japonaise a reconnu avoir volontairement falsifié les chiffres de consommation de deux véhicules : la eK Space, et la eK Wagon. Des chiffres enjolivés de 5 à 10% pour rendre ces deux voitures plus attrayantes. Cette affaire concernerait environ 160.000 véhicules vendus depuis 2013.

Mitsubishi eK Wagon

Mitsubishi avoue sa faute, dans un souci de transparence selon elle. On peut malgré tout en douter, et penser qu'elle a été obligé de le faire. Car la marque construit également deux clones des deux véhicules incriminés pour Nissan au Japon, les Dayz et Dayz Roox. C'est d'ailleurs Nissan qui a découvert le pot au roses en constatant des anomalies sur les chiffres de consommation annoncés pour les deux autos qu'il commercialise sous son nom (environ 450.000 exemplaires depuis 2013).

Nissan Dayz Roox

Les 4 véhicules en cause sont des Kei-cars (abréviation de Keijidosha). Une catégorie de voiture spécifique au Japon, dont la taille et la cylindrée sont limitées (longueur max 3.40m, largeur max 1.48m, hauteur max 2.00m, cylindrée max 0.66L), et qui profitent d'une fiscalité et de primes d'assurances allégées. Créée dans les années 60 pour favoriser la motorisation de la population japonaise, cette catégorie (qui représente 30% des immatriculations nippones) intéresse surtout maintenant la clientèle pour son encombrement et sa consommation réduits. Ces véhicules n'étant pas exportés, l'Europe n'est donc pas concernée par cette affaire.

Enfin, pas pour le moment. Lors du premier scandale sur la fiabilité de ses voitures, en 2000, Mitsubishi avait quand même bien édulcoré l'ampleur du désastre. Ce n'est que deux ou trois ans plus tard que les vrais chiffres sont tombés. Ce qui provoqua d'ailleurs la colère de DaimlerChrysler qui abandonna alors tout projet d'association avec le japonais.

Nissan Dayz

Aujourd'hui, Mitsubishi va devoir rendre des comptes. Des perquisitions ont d'ores et déjà eu lieu à l'usine d'Okazaki (en charge de la fabrication des 4 véhicules) et dans un centre technique. Et il va être vérifié si d'autres véhicules sont touchés. Le gouvernement japonais n'est pas content, les consommateurs non plus, et les marché financiers non plus (l'action Mitsubihi Motors à perdu 40% en 3 jours). Espérons donc que la marque aux trois diamants n'ait été malhonnête que sur ces modèles. De toute façon, sa réputation au Japon était déjà largement hypothéquée depuis le premier scandale : Mitsubishi ne pèse plus que 2% de son marché domestique.

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