lundi 13 janvier 2014

LANCIA : Sergio Marchionne baisse les bras


Dans un long article du journal italien "La Reppublica" du jeudi 9 janvier dernier, Sergio Marchionne, avec son bagou habituel, commentait les derniers événements du groupe italien (la fusion avec Chrysler et la relance d'Alfa-Romeo et de Maserati). En bon raconteur d'histoires, il réussirait presque à nous faire passer ses nombreux échecs pour des réussites. Et s'il est un échec à mettre à son crédit, c'est bien le plan de relance de la marque Lancia. Un échec que la marque italienne, plus que centenaire, va payer au prix fort.




Ainsi, Lancia va quitter les concessions européennes (la marque n'était vendue que sur le vieux continent). Une aberration pour cette marque prestigieuse, dont tous les connaisseurs en automobile connaissent le passé glorieux et la cote d'amour en collection.


Seule consolation, la marque existera toujours... uniquement en Italie ! Mais dans quel état ! La gamme sera réduite à un seul modèle : l'Ypsilon. La petite citadine, fabriquée sur base Fiat Panda, sera donc en charge de représenter 106 ans d'existence. Il va de soi que la Delta ne devrait pas tarder à quitter les chaines de montage.

Cette décision met fin aux expériences génétiques de Sergio Marchionne. Le Jean-Marie Messier italien, pensant qu'on pouvait tout oser en automobile, a réellement cru que des Chrysler 200, 300 et Town & Country américaines pouvaient tout à fait porter le badge Lancia sans que personne ne trouve à redire. Rebadgées Flavia, Thema et Voyager en 2011, ces voitures conçues par des américains pour des américains, ont fait l'objet de campagnes de publicité vantant leur ADN italien. Ou comment prendre les clients pour des imbéciles. Trois ans après, il va de soi que ces voitures mutantes ne se vendent pas, et il eut été ridicule de prévoir le contraire.


Bizarrement, Marchionne ne commente pas cette stratégie suicidaire dans l'article du journal italien. Mais ces derniers mois, quand il a eu à commenter la cas Lancia, il s'est juste contenter d'évoquer la léthargie du marché européen qui n'a pas favoriseé l'envol de cette nouvelle gamme américano-italienne. Sans se remettre une seule fois en question, car nous savons tous que ces modèles, équipés de moteurs qu'on ne fait plus en Europe et malussés à souhait, n'étaient pas adaptés à nos marchés.

Nous ne savons pas sous quel délai la marque Lancia se retirera. Mais c'est imminent. Est-il possible que la marque reste en France, qui a toujours été son deuxième marché derrière l'Italie. Rien n'est moins sur car le marché de la péninsule représente à lui seul 80% des immatriculations.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire