vendredi 25 mai 2012

PEUGEOT : la numérotation des modèles figée


Il devait arriver ce moment. Ce moment où le problème du nom de la remplaçante de la 308 se poserait. La logique aurait voulu que ce soit 309. Mais justement, cette logique a échappé à Peugeot dans les années 80, où ce chiffre fut attribué à ce qui devait être la Talbot Arizona, remplaçante de la Talbot Horizon. Une bourde que la marque au lion paye cher aujourd'hui, l'obligeant à remettre en cause sa légendaire numérotation de ses modèles avec un zéro au milieu.



Plus tôt en 1978, Chrysler était au bord de la faillite (encore !) et se voyait contraint de revendre toutes ses activités européennes à Peugeot. Dans le "pack" acheté, il y avait le groupe Rootes (Sunbeam, Hillman) en Grande-Bretagne, Barreiros en Espagne et Simca en France. Il y avait aussi les droits d'utilisation de noms de marques disparues, à l'image de Talbot. Allez savoir ce qu'il est passé dans la tête des dirigeants de Peugeot à l'époque : décision fut prise d'abandonner les marques des trois pays pour les regrouper sous une seule et même bannière : Talbot. Ainsi, une des plus prestigieuses marques françaises donnait son nom à une myriade de modèles populaires n'ayant rien à voir avec son passé. Un peu comme si Fiat abandonnait son nom pour celui de Maserati. Qui voudrait d'une Maserati Panda aujourd'hui ?

Peugeot 309
La greffe n'a pas pris et une accumulation d'évènements auront raison de Talbot en seulement 7 ans : crise économique, stratégie hasardeuse de la direction, fusion des points de vente avec Peugeot, mauvaise volonté des vendeurs Peugeot pour promouvoir la marque Talbot, grèves à répétition très médiatisées, mauvaise foi suicidaire des syndicats, etc... En 1985, la messe est dite, et à seulement quelques semaines de la présentation de l'Arizona, Jacques Calvet, le conservateur PDG de PSA, décide d'abandonner la marque Talbot. La voiture, qui reprenait le châssis de la 205, s'intercalera entre cette dernière et la 305. Vient alors le problème du nom. Dans l'urgence, le numéro 309 est choisi, ce qui ne facilitera pas l'intégration de la voiture au milieu d'une gamme se finissant par 5. Pourtant, la 309, malgré son physique ingrat, mènera une carrière honorable jusqu'en 1993. Mais utiliser son nom de nos jours rappellerait trop le traumatisme Talbot, ce qui n'est pas bon alors que le groupe PSA connaît quelques difficultés en ce moment, et se doit d'exprimer des symboles positifs.

Peugeot 308
Cela nous ramène à aujourd'hui, et au fameux remplacement de la 308. Et Peugeot a tranché : la 308 sera remplaçée par la 308. Et tous les modèles de la gamme resteront bloqués au 8. La 107 sera donc remplacée par une 108. Puis les 108, 208, 3008, 4008, 508 et 5008 garderont le même nom lors de leur remplacement respectif. Pour faire court, comme chez les autres marques, les modèles de chez Peugeot garderont la même dénomination d'une génération à l'autre.

Peugeot 301
Mais ce n'est pas tout, puisqu'une deuxième gamme va faire son apparition chez Peugeot. Destinée à être vendue dans les pays émergents, mais pas spécialement en Europe occidentale, il s'agira de véhicules plus simples et à prix raisonnable dont la numérotation se finira par 1. Le premier exemple concret est la 301, qui a été présentée hier (lire cet article), et qui sera commercialisée sur certains marchés seulement (Amérique du Sud, Maghreb, Pays de l'Est, Moyen-Orient). Il faut donc s'attendre à voir rappliquer des 201 ou des 401 prochainement. Et au même titre que la gamme se terminant par 8, les modèles de la gamme en 1 garderont le même nom d'une génération à l'autre.

Voilà une stratégie assez osée de la part du constructeur au lion, et assez risquée finalement. Peugeot ne risque-t-il pas de se casser les dents en illustrant de cette manière la différence entre ses modèles d'entrée de gamme (en 1) et ses modèles plus cossus (en 8) ? Il ne faudra pas se louper sur la communication.

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