dimanche 6 novembre 2011

une RENAULT FREGATE Coupé Chapron de 1958 (Epoqu'Auto 2011)


Cette année, le haut-de-gamme Renault des années 50, la Frégate, fête ses 60 ans. Présentée en 1950, elle ne fut en effet commercialisée qu'en 1951. A son retrait, en 1960, le bilan fut de 180.000 ventes en 10 ans de commercialisation, ce qui pour un constructeur comme Renault, était peu. Mais justement, le fait qu'une entreprise nationalisée, Renault, propose un tel véhicule, n'a pas intéressé la clientèle visée, qui préférait Peugeot ou Citroën. Et la présentation de la DS en 1955 n'a rien arrangé. Mais penchons-nous sur une rareté : le coupé Chapron.



Chapron était encore un carrossier français qui avait le vent en poupe dans les années 50. Et comme en Italie, il était de bon ton de proposer des versions spéciales (coupé ou cabriolet)  à partir d'une voiture grand public. C'est ainsi que dès 1953, Chapron se pencha sur le cas de la Frégate, qu'il transforma en un élégant coupé. Produit de 1953 à 1958, il se déclina au long de sa carrière en 3 séries, qui se différenciaient par des détails esthétiques, en particulier le traitement des ailes arrières. La Frégate coupé était réservée à une élite puisque seulement une soixantaine seront construits.





L'exemplaire évoqué dans cet article est une rare type III de 1958, non restaurée. Rare car seuls cinq exemplaires ont vu le jour entre 1956 et 1958. Vu de l'arrière, on a du mal à reconnaître la brave Frégate Berline, et le toit peint en noir lui donne beaucoup de classe. Moins classe, le logo RNUR sur la calandre (Régie Nationale des Usines Renault) qu'il aurait été préférable de remplacer par un logo Chapron, et qui aura certainement desservi la voiture.


Moins classe aussi sous le capot. La berline a toujours été considérée comme sous-motorisée avec son moteur 4 cylindres 2.0L de 70ch, puis par la suite 2.141cc de 77ch. Malheureusement, c'est ce dernier moteur qui équipe notre coupé. "Gonflé" à 80ch, il ne peut pas faire grand chose dans la lourde caisse, avec une vitesse maximale de 135 km/h. Dommage pour une voiture haut-de-gamme.


Mis à part cette regrettable sous-motorisation, la Frégate coupé n'est pas larguée dans les autres domaines, avec ses quatre roues indépendantes, sa boite de vitesse semi-automatique à 3 vitesses Transfluide (qui était apparue justement en 1958) et son grand confort.

Un joli coupé français d’après-guerre, qui n'a malheureusement pas trouvé son public certainement à cause de son moteur limité, et parce que c'était une Renault, marque qui n'intéressait pas la bourgeoisie visée. Chapron, lui, se tournera par la suite vers Citroën pour des adaptations de DS qui connaîtront plus de succès.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire