vendredi 9 septembre 2011

L'usine FIAT de Termini Imerese vendue à DR MOTOR



Une autre page se tourne pour l'usine sicilienne de Fiat, à Termini Imerese. Tout comme l'usine de Pomigliano d'Arco, elle fût construite à la fin des années 60 dans le cadre de la décentralisation de l'industrie du nord vers le sud de l'Italie, le sud vivant dans la misère par rapport à l'incroyable développement du nord. Voulue par l'Etat, cette décentralisation aura pour conséquence la construction d'une nouvelle usine Fiat en Sicile, financée presque pour moitié par l'Etat italien lui-même.


A partir de 1970, ce sont des 500 qui seront fabriquées ici. La 126 prendra le relais (1975), puis la Panda (1980), la Punto G1 (1993) et la Punto G2 (1999). A partir de 2005, les frais de fonctionnement de cette usine, ainsi que les frais de transport (la Sicile est une île) ne permettent plus d'y fabriquer des modèles populaires. C'est la raison pour laquelle la Lancia Ypsilon G2, garante de plus fortes marges, y sera produite dès 2005. L'Ypsilon G3 étant maintenant produite en Pologne, il n'y avait plus aucun programme pour l'usine, dont Sergio Marchionne ne voulait plus. Cela faisait donc plusieurs mois qu'elle était en vente.


Plusieurs candidatures ont été examinées pour le rachat du site. Celles dont on a entendu le plus parler étaient la candidature de DE TOMASO, qui comptait y produire de nouveaux modèles. Puis celle de DR MOTOR, l'assembleur de voitures sino-italien associé à Chery.


En toute logique, c'est DR MOTOR qui a été choisie. Cette société assemble (à partir de pièces venues de Chine en provenance du constructeur Chery) des voitures depuis 2006 dans l'usine de Macchia d'Isernia et les vend en Italie (y compris dans les supermarchés). La société a fait son trou et désire prendre de l'ampleur. Pour constuire entre autres les DR2, DR3 (photos ci-dessus), DR4 et DR5, il fallait une usine digne de ce nom. L'opportunité de Termini Imerese tombait à point. De plus Fiat permet ainsi à la quasi totalité du personnel (1.500 employés) de garder son travail, ce qui évitera au groupe de passer pour un impopulaire destructeurs d'emplois. Mais au risque de voir un concurrent gênant prendre de l'ampleur dans les années qui viennent (production espérée : 60.000 exemplaires par an d'ici 5 ans). DR Motor, de son côté, menée par Massimo Di Risio, fait carton plein en empochant des subventions pour la reconversion du site, mais aussi en attirant de nombreux investisseurs privés.


Evidemment, chez De Tomaso, c'est la soupe à la grimace. Le gesticulant et beau parleur Gian Mario Rossignolo a fatigué tout le monde avec ses projets pharaoniques et insensés. Fiat a donc décidé de l'écarter, sans doute dans l'optique de préserver l'emploi, ne serait-ce qu'à moyen terme. Le projet De Tomaso prend donc très mauvaise tournure.

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