mardi 16 août 2011

il grattacielo LANCIA : et un symbole de moins !


Traversant alors la crise la plus grave de son histoire, le groupe FIAT décidait de revendre en 2004 le building Lancia, situé à Borgo San Paolo, dans la proche banlieue de Turin. Le Grattacielo Lancia, vide depuis de longs mois, vient maintenant d'être détruit.








Voulu par Gianni Lancia, le fils de Vincenzo Lancia (fondateur de la marque), le Grattacielo était un projet évidemment un peu mégalomane, le but étant de montrer la puissance d'une entreprise encore indépendante et à l'image flatteuse. Mais l'objectif était aussi stratégique, car il était important de rassembler sous un même toit des départements et services disséminés ça et là, ne serait-ce que pour les coûts de fonctionnement.


Mégalo et ambitieux, deux qualificatifs qui vont à merveille à Gianni Lancia. Arrivé en 1948 à la tête de la société créée par son père, il décide aussitôt de fonder la Scuderia Lancia et de lancer le projet du Grattacielo, tout en investissant de manière ambitieuse pour ses modèles de série. L'écurie Lancia se révélera être une aventure ruineuse. Alors que les travaux du Grattacielo se terminent, l'engagement de Lancia en F1 en 1954 mènera la marque à la faillite, la mort d'Alberto Ascari en 1955 ayant causé un profond traumatisme. La marque est la même année rachetée par Italcementi qui décide de la retirer du championnat du monde de F1. Les performantes monoplaces sont cédées à Ferrari, alors au creux de la vague. L'histoire sportive de Lancia se poursuivra néanmoins jusqu'au début des années 90, avec un prestigieux palmarès en Rallye.



Le Grattacielo restera le siège social de Lancia jusqu'en 1969. Cette année-là, Italcementi, lassé par les pertes chroniques de sa filiale automobile, décide de la mettre en vente. Carlo Pesenti, qui dirige Italcementi, ne sera jamais parvenu à renflouer la folie des grandeurs de Gianni Lancia. Alors que Ford est prêt à signer un chèque, Fiat, inquiet de voir l'envahisseur américain prendre pied en Italie, fait barrage et rachète à contrecœur Lancia pour une lire symbolique, tout en assumant toutes ses dettes. Fiat était déjà propriétaire d'Autobianchi et tout récemment de Ferrari.


Petit à petit, Lancia est intégrée au groupe Fiat et le Grattacielo se vide. Fiat en fait des bureaux et le loue à différentes sociétés. Jusqu'en 2004 où le groupe, surendetté, le revend. Le nouveau propriétaire ayant du mal à remplir les locaux, un projet de nouveau bâtiment et d'un centre commercial voit le jour, sonnant le glas du Grattacielo dont la destruction est décidée. Haut de 65 mètres, il était l'édifice le plus haut de Borgo San Paolo (14 étages).


C'est de nouveau un symbole important de l'histoire de Lancia qui disparaît, moins de dix ans après la destruction du musée Lancia de Via Caraglio (toujours à Borgo San Paolo). Que dire de Lancia aujourd'hui ? La marque est juste devenue un logo posé sur des Fiat ou des Chrysler. Le groupe Fiat semble avoir tiré un trait sur l'avance technologique de Lancia dans les années 50/60, et sur son brillant palmarès sportif des années 70/80. Privée de ses bureaux d'études, de son esprit sportif et maintenant de son patrimoine immobilier, l'avenir de la prestigieuse marque s'annonce bien peu enthousiasmant.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire