jeudi 23 juin 2011

TH!NK en faillite



La marque norvégienne de voitures électriques Th!nk vient de se déclarer en faillite et s'en remet désormais à l'administration pour assurer sa survie. La petite marque, poussée à bout par son principal actionnaire mais aussi créancier, Ener1, n'avait plus le choix.



Il faut bien avouer que la petite City n'a pas réussi à trouver sa clientèle (1043 ventes en 2010). Certes elle possède une face avant assez sympathique, mais il ne faut s'en tenir qu'à cette vue. Car dès qu'on jette un regard sur le profil et sur l'arrière, l'enthousiasme retombe comme un soufflé. Et ça, pour une auto vendue aux alentours de 30.000 €, peu de personnes sont prêtes à l'accepter. Rouler écolo ? pourquoi pas ! Que ça se voie ? oui ! Etre ridicule dans une voiturette ? Non ! Et sans retourner le couteau dans la plaie, cette petite City ressemble beaucoup à un véhicule sans permis. regardez plutôt ses caractéristiques :

- longueur : 3.14m
- largeur : 1.66m
- hauteur : 1.60m
- empattement : 1.97m
- poids : 1040 Kg (dont 250 de batteries)
- 2 places (+ 2 places enfants), 3 portes
- moteur électrique 30 KW
- vitesse maxi : 110 km/h
- 0 à 80 km/h en 16s
- temps de recharge à 80% : 9h (prise 220V)
- temps de recharge à 100% : 13h (prise 220V)
- autonomie : 160 kms.



Niveau équipement, vous avez un habitacle médiocre, des vitres électriques, des airbags, l'ABS et des pneus 14". Bon, je suis un peu moqueur, c'est vrai. Mais avouez qu'il est difficile de vendre un tel véhicule pour le prix de trois Smart Fortwo décemment équipée. Et pour moins cher, vous repartez en Nissan Leaf ou en Renault ZE, même en prenant en compte la location des batteries. Et avec des prestations d'un autre monde !


Tout n'est pas complètement perdu pour la petite société norvégienne, mais ça sent quand même mauvais. D'autant que Th!nk est chroniquement en difficultés. Née sous la marque Pivco en 1991, elle construit pendant les années 90 quelques véhicules électriques sans grande importance.

Puis, avec l'aide de Lotus, Pivco conçoit ce qui allait devenir la Th!nk. Mais en 1999, Pivco n'ayant plus de ressources, Ford rachète la société (et la renomme Th!nk) pour l'abandonner quatre ans plus tard à une société suisse, Kamkorp. Mais quelques exemplaires de la première City avait été produits.

1999 - Ford Th!nk City
1999 - Ford Th!nk City
En 2006, c'est le groupe norvégien InSpire qui rachète les parts et qui décide de produire une version restylée de la City (celle que nous connaissons aujourd'hui). La production démarre à l'été 2008, mais quelques semaines plus tard la société frôle la faillite et voit Ener1 et Valmet (entre autres) entrer au capital. A l'été 2009, Th!nk annonce que la production en Norvège est interrompue et délocalisée en Finlande, Chez Valmet. Th!nk a passé l'année 2010 à trouver des accords de distribution un peu partout dans le monde. Mais cela n'a pas suffi et nous voilà en ce jour funeste !

En France, la Th!nk City avait fait son entrée (100 véhicules) dans les centres Norauto qui, pour une somme dérisoire, la louaient à des personnes ayant besoin d'un véhicule de courtoisie. Norauto devait aussi être en charge de la distribution et de l'entretien des Th!nk sur notre territoire.

Crédit photos : Th!nk Global

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