mercredi 4 mai 2011

SAAB peut-être sauvé... mais bientôt chinois


150 millions d'euros. C'est la somme que le constructeur chinois HAWTAI va injecter dans le groupe SPYKER-SAAB. Ce qui lui permettrait d'entrer à hauteur de 29.9 % dans le capital du groupe suédois et de mettre en place avec lui une alliance technologique et commerciale.

Ces 150 millions d'euros ne seront pas de trop pour assurer le redémarrage du site de Trolhättan, fermé depuis un mois puisque Spyker était dans l'impossibilité de régler les fournisseurs de Saab.

Une bonne nouvelle, ajoutée à l'obtention d'un prêt de 30 millions d'euros il y a quelques jours (même s'il s'agit d'un prêt à taux d'usurier !). Chez Saab, on peut donc voir venir les prochains mois avec plus de sérénité. Toutes ces transactions attendent encore l'aval des autorités suédoises, européennes et chinoises ; General Motors (l'ancien actionnaire encore bien impliqué dans l'affaire, ne serait-ce que techniquement) ayant d'ores et déjà donné le sien.

Lotus repris par le malaisien Proton, MG par le chinois SAIC, Jaguar et Land-Rover par l'indien Tata, Volvo par le chinois Geely. Les exemples de manquent pas pour de prestigieux blasons européens passés sous contrôle d'une entreprise basée dans ces pays-là. Jusque là, toutes ces reprises se sont faites dans de bonnes conditions : le développement de ces marques et de leurs gammes continue, la technologie n'est pas systématiquement dépouillée par la maison-mère, le patrimoine de la marque est souvent respecté.

Il est toujours dommage de voir disparaître une marque aussi attachante que Saab et son sauvetage fait plaisir. Il est déplorable non pas que la marque soit amenée à devenir chinoise, mais surtout qu'aucun groupe occidental n'aie eu la jugeote de la racheter. On peut être persuadés que dans quelques années, certains constructeurs risquent de trouver un goût amer à certaines de leurs décisions prises aujourd'hui.

Quant à Hawtai, l'investissement n'est peut-être pas si innocent. La marque, créée en 2000 (sous le nom de Huatai), a longtemps été partenaire de Hyundai pour la construction des SUV coréens en Chine. Ce partenariat s'est achevé l'année dernière. Le constructeur chinois se retrouve donc avec ses usines et une capacité de production de 200.000 véhicules par an. Impossible de les faire tourner à plein régime avec sa gamme propre (environ 100.000 ventes l'année dernière). Hawtai verrait donc bien arriver de nouveaux modèles sur ses chaines de production, et il se murmure que son investissement de 150 millions d'euros se ferait en échange des droits sur la berline 9-3. Pour plus de renseignements sur Hawtai, cliquez ICI.

Si dans les faits, cet accord peut sembler sérieux, il est tout de même permis de douter un peu du sérieux ou de la solidité de Hawtai. Certes la marque mène gentiment sa barque et elle a su se séparer de Hyundai assez intelligemment tout en développant deux nouvelles berlines en paralèlle. Mais justement, pourquoi Hyundai est-il parti ? Peut-être à cause d'une équipe dirigeante qui change tous les six mois et qui est incapable de donner une vraie stratégie au constructeur ! A vérifier dans les prochains mois....



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire